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16 avril 2011 : Die-in sous le soleil à Montluçon (03)

Pour cette première manifestation organisée par un collectif réunissant "Europe Ecologie Les Verts, Nouveau Parti Anticapitaliste, Confédération Paysanne, Objecteurs de Croissance, AlterEkolo", et après des articles dans la presse et des passages dans les radios locales et une diffusion sur les marchés de plus de 3000 tracts, nous avons réuni plus de 50 personnes pour un die-in sous le soleil. Pour une agglomération de près de 100000 habitants, cela paraît maigre, mais les centrales sont à plus de 150km ce qui explique un peu cela, nous essaierons de mieux faire la prochaine fois.

Voici l’article du journal La Montagne :
Mardi soir, vingt-cinq ans jour pour jour après la catastrophe de Tchernobyl, une soixantaine de personnes étaient réunies salle Saint-Jean (*). Jean-Louis Gaby, ingénieur et décroissant, a décrypté ce qui s’est passé à Fukushima et a plaidé pour une sortie « rapide » du nucléaire.

Tchernobyl en 1986, Fukushima en mars, quels rapprochements faites-vous entre ces deux catastrophes nucléaires ?

Ce qui frappe, c’est l’opacité des sources officielles ; le manque d’informations. Au Japon, de la fumée blanche s’est échappée des premiers réacteurs qui ont explosé. Pour le réacteur numéro 3, c’était de la fumée noire. C’était quoi ? On ne nous dit rien, sans doute pour ne pas affoler la population. Pour moi, tout ça vient de l’accord signé entre l’Agence internationale de l’énergie atomique et l’Organisation mondiale de la santé (OMS), en 1959.

Vingt-cinq ans après, on paye encore les conséquences de Tchernobyl ?

Il y a toujours une chape de plomb posée par les autorités sur les conséquences actuelles de la catastrophe. Car il y en a, dues essentiellement au césium qui met des années à disparaître des sols. Tous les ans, en Allemagne, on abat des milliers de sangliers qui ont des taux de radioactiovité déments.

A Montluçon, on a compté sur les doigts d’une main les manifestants lors d’un flash mob contre le nucléaire. Et aux cantonales, on nous annonçait une vague verte qui n’a pas eu lieu. Pourquoi ?

Ce n’est pas normal de n’avoir eu que quatre ou cinq personnes à l’une des mobilisations organisées sur la place Piquand contre le nucléaire. J’ai repris ça en main, en mobilisant le Nouveau parti anticapitaliste, la Confédération paysanne et les décroissants. Au début du mois, nous étions une cinquantaine. Politiquement, je pense que beaucoup d’électeurs sont refroidis par l’omniprésence des partis traditionnels. On voit bien qu’Europe Écologie se rapproche du PS, par exemple. Aujourd’hui, tout le monde ou presque se prononce pour un abandon progressif du nucléaire. Je dis qu’il ne faut pas attendre, il faut agir maintenant car les risques sont dramatiques.

Vous proposez quoi, à la place du nucléaire ?

En Allemagne, ils ont stoppé sept réacteurs en huit jours après Fukushima. Pourquoi ce qui est possible là-bas ne le serait pas chez nous ? Le réseau Sortir du Nucléaire a mis en place un scénario pour arrêter le nucléaire en cinq à dix ans, en construisant des centrales à gaz. C’est une solution. Mais cela doit absolument s’accompagner d’une prise de conscience : il faut que nous réduisions nos dépenses d’énergie. On a bien arrêté de fumer dans les bureaux du jour au lendemain !

Politiquement parlant, ce n’est pas très porteur mais ne faudrait-il pas augmenter le prix de l’électricité our inciter les gens à réduire leur consommation ?

Malheureusement, nos réacteurs nucléaires sont vieux donc rentables. Du coup, le prix de l’électricité en France est faible, par rapport à l’Allemagne. Mais d’un autre côté, on ne sait pas quoi faire des déchets, qu’on va laisser sur les bras des générations futures. Alors oui, il faudra peut-être réfléchir à une augmentation du prix de l’énergie. Actuellement, plus on consomme moins on paye. Au contraire, il faut mettre en place un tarif progressif, qui pénalise ceux qui utilisent trop d’énergie. Mais actuellement, personne ne veut en parler.

(*) La soirée était organisée par Europe Écologie les Vertes, le Nouveau parti anticapitaliste, la Confédération paysanne, les Objecteurs de croissance et AlterÉkolo..