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Il y a vingt-six ans jour pour jour, à Tchernobyl…

A l’occasion du vingt-sixième anniversaire de la catastrophe, plus d’une centaine de manifestations sont organisées partout en France. Une bonne occasion de réfléchir sur l’avenir de l’énergie atomique.

Le 26 avril 1986, le réacteur 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl (Ukraine) explosait, provoquant un accident nucléaire sans précédent. Dans les jours qui ont suivi ce drame resté dans toutes les mémoires, des « nettoyeurs » venus de toute l’URSS ont tenté de relever un défi à très haut risque : nettoyer les débris, munis parfois de simples pelles. Entre 600 000 et 900 000 ont été exposés aux radiations. Des dizaines de milliers sont morts et beaucoup font toujours l’objet d’un suivi médical spécifique.

Vingt-six ans plus tard, les militants anti-nucléaire n’ont rien oublié. Ni le triste sort de ces « liquidateurs » dont les frais médicaux ne sont plus remboursés depuis l’an dernier, ni les atermoiements du pouvoir de l’époque, qui se sont notamment traduits par l’évacuation trop tardive de la ville voisine de Prypiat. 130 manifestations commémoratives seront en effet organisées jusqu’à la fin de semaine, pour rendre hommage aux victimes, mais aussi pour avertir des dangers potentiels du nucléaire. Des actions sont aussi organisées dans treize autres pays, de l’Allemagne à l’Australie en passant par l’Afghanistan.

Une douzaine d’associations écologistes parmi lesquelles Sortir du nucléaire, Greenpeace, ATTAC et Agir pour l’Environnement appellent aussi à éteindre tous les appareils électriques pendant cinq minutes ce soir à 20 heures. Une initiative visant à protester contre la toute-puissance de l’atome, alors que « plus de deux millions de personnes vivent toujours dans des zones contaminées en Ukraine, 1,1 million au Bélarus et 1,5 en Russie », comme l’a rappelé Sortir du nucléaire sur son site Internet.

26 après... Tchernobyl et Fukushima agitent les associations

Le réseau dénonce également la désinformation autour du nombre de victimes. Alors que le bilan officiel fait état de 4 000 morts, une étude du Professeur Yuri Bandajevski, publiée par l’Académie de Médecine de New York (Etats-Unis) en 2011, impute il est vrai 985 000 morts à l’accident et à ses multiples répercussions. L’organisation Greenpeace parle quant à elle de 100 000 victimes. « Que ce soit un an ou 26 ans après, ces catastrophes que l’on cherche à cacher et à reléguer dans le passé sont cruellement actuelles et le resteront pendant des siècles », estime par ailleurs le réseau Sortir du nucléaire, qui fait bien sûr allusion à l’accident de Fukushima, lequel, s’il ne fait plus guère parler de lui à l’échelle internationale, n’en a pas moins bouleversé la vie de dizaines de milliers de Japonais.

Ce triste anniversaire marque enfin le coup d’envoi des travaux du nouveau sarcophage qui protégera la structure. Cette superstructure dont le coût a été estimé à environ un milliard d’euros doit remplacer le sarcophage actuel, qui a été construit à la hâte (il était originellement provisoire) et s’effrite dangereusement par endroits. La radioactivité autour du site, elle, reste importante.

On n’a donc pas fini d’entendre parler de l’accident de Tchernobyl. D’autant que les autorités ukrainiennes projettent de promouvoir le « tourisme nucléaire » à l’approche de l’Euro de football organisé cet été conjointement avec la Pologne…

Crédits photos : flickr – valentin.moshkovskiy/Neno°

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