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L’héritage de Tchernobyl, photos de Paul Fusco

L’héritage de Tchernobyl (Chernobyl legacy), livre de photos sur Tchernobyl.

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Paul Fusco est né en 1930 aux USA. Photographe depuis plus de 40 ans, membre de l’agence Magnum depuis 1974, Paul Fusco a témoigné de l’actualité mondiale à travers toute sa carrière. Sa fascination pour les questions d’ordre social lui a fait couvrir des sujets aussi variés que le mouvement Zapatiste du Chiapas, la Palestine, les sans-abri, les brutalités policières à New York, les ravages du SIDA en Californie, ou récemment, les répercussions de Tchernobyl. Son livre "L’héritage de Tchernobyl" a finalement été édité aux Etats-Unis en 2001.

Extraits d’une interview parue dans le magazine Photo de septembre 2001 :

L’héritage de Tchernobyl... Quelle est l’histoire de ce reportage ?

P.F. : Un chercheur m’a demandé, un jour, si j’avais en tendu parler d’un programme qui permet aux enfants de Biélorussie, d’Ukraine, et de Russie, d’échapper à leur environnement contaminé, en les amenant aux Etats-Unis, pour des séjours de quelques semaines. Au début, j’étais sceptique à l’égard de ces " vacances " mais ça m’a intrigué et je me suis dit que je ferais aussi bien d’aller voir sur place pourquoi ces enfants avaient besoin d’aide. Je m’y suis donc rendu, en 1997, et je suis resté deux mois : ce que j’y ai découvert m’a terriblement choqué ! Le nombre d’enfants atteints ! Et encore tant de zones contaminées ! Sur le terrain j’étais terriblement affecté. Chaque jour était triste car il n’y a pas de guérison possible. C’est désespéré. Et pourtant les médecins luttent pour ces enfants qui sont des milliers, du nourrisson à l’adolescent. En fait, des millions de gens sont contaminés par les radiations en Biélorussie, de tous les âges l’engagement des docteurs est impressionnant, ils n’ont jamais pris en charge de tels cas, absolument inconnus de la médecine.

Les photos de ces enfants de Tchernobyl sont à peine supportables ; les désastres nucléaires seraient-ils plus visibles sur le corps humain que sur la terre ?

P.F. : Les dégâts des radiations ne sont pas visibles sur la terre ; et d’ailleurs des gens vivent toujours dans certains endroits contaminés ! Le seul lieu où ce soit directement perceptible reste effectivement le corps humain. Je suis sûr que ça peut arriver aux animaux mais je n’ai rien vu. C’est donc sur les humains que c’est le plus évident. Et malgré cela, je me suis entendu dire par un éditeur : "Mais ne pouvez-vous rien tirer de positif du phénomène des radiations ?" Que répondre à ça ? "Demandez à la mère d’un de ces enfants."

Comment interprétez-vous les refus répétés auxquels vous vous êtes confronté pour la publication de ce reportage ?

P.F. : On trouvait mes photos "terrifiantes" à chaque fois que je les présentais dans les rédactions, j’entendais : " fantastiques photos ! mais je ne les montrerai pas à mes lecteurs. " Personne n’en voulait. Pour moi, ce sont des lâches, irresponsables envers leurs lecteurs. Il faut connaître les dangers de la puissance nucléaire. Dans le milieu de la recherche médicale, tout le monde sait à quel point c’est dangereux ! Tout ce que les hommes fabriquent comporte des risques Le Concorde a eu un accident, alors qu’on nous a toujours affirmé que rien ne pouvait lui arriver C’est pareil avec le nucléaire ! Or il y a une centaine de centrales nucléaires aux Etats-Unis. Et aucun éditeur ne pense qu’il faut être conscient de ce danger ? Le gouvernement américain a menti pendant 50 ans sur les effets des radiations aux Etats-Unis et ce parce que l’énergie nucléaire représente un grand business !