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1er mai 2011 : TchernoShima Day à Coursan-en-Othe (10)

Le TchernoShima Day à Coursan-en-Othe

Un concert de musique sacrée dans une cathédrale de verdure le 1er mai 2011. Initialement prévu pour célébrer le triste 25ème anniversaire de Tchernobyl, les récents événements ont conduit l’organisation, menée par l’Association La Qualité de Vie, et son Président Michel Guéritte, à rajouter à la très longue liste des victimes de Tchernobyl, celles de Fukushima, dont le nombre sera sans aucun doute effrayant.

Un grand et beau Tchernobyl Day, un 1er mai dans un écrin de verdure !

Recalé de la grande salle du Cube de Troyes par les élus, chassé de la Cathédrale de Troyes par le planning, banni de l’église de Ste Savine par un curé « manipulé » par des élus, interdit de séjour par les biches à termes de la forêt de Davrey, l’événement atterrit finalement à Coursan-en-Othe, haut lieu de batailles médiévales, où d’autres braves se sont tant battus au nom de la liberté ! Nous reviendrons sur cette histoire qui rappelle les célèbres affrontements entre Don Camillo et Peppone… Souvenez-vous : La grande bagarre de Don Camillo, un Don Camillo interprété par Monseigneur Fernandel ! La seule différence, c’est qu’à l’époque, lui aurait organisé le concert !

Le joli village de Coursan-en-Othe n’est situé qu’à quelques kilomètres d’Auxon, où s’est déroulée en 2009 une autre bataille, celle qui a vu échouer le terrible projet FA-VL, qui devait rapporter des millions d’euros à la commune, ( on a parlé de 17 millions d’euros), mais qui devait aussi et surtout hypothéquer la santé de dizaines, voire de centaines de générations sur la région... Sans oublier les désastres sur l’image de tout un terroir, de ses produits et de ses prétentions dans les activités touristiques. Notez que le projet de l’Andra est toujours sous couveuse, prêt à éclore dans le nid des collectivités territoriales, quelque part dans l’Aube de François Baroin….

Accueilli à Coursan-en-Othe, par son maire, à qui il avait juré-craché qu’il n’y aurait ni manif, ni défilé, ni banderole, ni menace d’incendie des ruines du château, Michel Guéritte a fait installer une sonorisation de 3 500 watts sur la butte de l’ancien château médiéval. Habillé de ses magnifiques arbres séculaires, et entouré de ses douves pleines de vie, cet endroit féérique et chargé d’histoire, est devenu le lieu idéal pour écouter, réfléchir, se recueillir. “C’est magique ! C’est peut-être à cause des arbres qui ont 350 ans, ils renvoient des ondes !” déclare une parisienne, qui fait étape à Coursan. Un mélomane qui a tout écouté les yeux fermés : « Je n’ai jamais perçu une acoustique de cette qualité, l’orgue s’exprimait pleinement... La Toccata, je ne l’avais jamais entendue comme ça ! ” Une maman : “Le plafond de la salle était un peu trop haut !” Ce sera la seule critique.

En plein coeur du village de cent habitants, le dépaysement y est total. La nature se transforme en une sorte de conque qui renvoie les accords puissants des grandes orgues et la voix des divas. Une combinaison de lumières et de sons propices à la méditation…

"Les frondaisons en guise de vitraux, les chants des oiseaux catalogués par Olivier Messiaen en écho, le soleil pour cierges", raconte Michel Guéritte. Il avouera : "En fait je m’en veux de ne pas y avoir pensé plus tôt. C’est le lieu rêvé !". Et d’ajouter aux personnes attentives et curieuses : "Et même, s’il avait plu des hallebardes, je l’aurais fait quand même, je l’aurais fait pour moi tout seul !" Et c’est vrai : parfois le hasard, les coïncidences et la météo peuvent contrecarrer la mauvaise foi des hommes, des hommes politiques, des hommes d’Eglise, et nous concocter quelques jolies surprises. « J’ai bien aimé la variété des couleurs des vitraux de la cathédrale... » dira une militante écologiste troyenne.

Des bancs étaient disposés, et les visiteurs venaient, s’asseyaient, écoutaient. Pour certains, les yeux clos, ils savouraient les œuvres, toutes d’une qualité excellente, et d’une sonorité exceptionnelle. Michel expliquait les titres, que l’assistance pouvait choisir, (selon la méthode de « disque à la demande » ). Un programme avait été imprimé et distribué. L’animateur expérimenté les définissait, et les qualifiait pour la circonstance, que ces chefs d’oeuvre soient issus de l’opéra, du répertoire "classique", ou liturgique ou encore du profane.

L’émotion était grande. Cet "enveloppement" musical, ces notes aux résonnances bouleversantes, agrémentées des chants d’oiseaux et du frémissement des feuilles dans le vent, s’envolaient au loin, et nous amenaient naturellement à penser à toutes ces victimes des catastrophes de Tchernobyl, de Fukushima, ou celles du docu-fiction de Nogent-sur-Seine... Le long feuilleton pédagogique diffusé sur auboisementcorrect et villesurterre.com !

Certains sont restés, du début à la fin, à écouter, à se laisser aller à leurs pensées. D’autres se sont levés pour visiter les lieux bucoliques, et ainsi, sur tout un après-midi, ce sont entre 100 et 150 personnes qui se sont déplacées, parfois de loin, pour assister à cette première. C’est peu, mais la qualité des auditeurs vaut bien la quantité des visiteurs qu’aurait pu attirer un site plus proche d’une grande agglomération !

Michel Guéritte a souligné le sabotage en règle des médias locaux : pas même une simple annonce ! Il faut souligner aussi que toutes les communautés culturelles et religieuses avaient été conviées… Une raison supplémentaire qui aurait du convaincre Jean-François Laville, responsable des affaires religieuses, de prendre sa plume…

Ce fut un bel événement, un appel au recueillement, un rassemblement apolitique et multiconfessionnel, où tous étaient conviés à réfléchir, prier, parler à sa manière, selon ses convictions, en amitié, en empathie avec les victimes du nucléaire, et en harmonie avec les lieux. Le Correspondant local de l’Est-Eclair / Libération Champagne était présent comme à chaque manifestation sur la commune. AuboisementCorrect.com, qui relaie la fiction pédagogique : La catastrophe de Nogent sur Seine était représenté par Pascal Houplon. La présidente de l’association Auxon-Dit-Non, Loëtitia Carougeat était également venue en famille, ainsi que les mouvements écologistes aubois. Le Maire de Coursan-en-Othe était excusé. La Présidente de la Communauté de Communes du Val d’Armance a félicité Michel Guéritte pour la qualité de son organisation. Qu’elle en soit ici remerciée.

« L’ambiance était à la décontraction, à la détente profonde, plus bénéfique qu’une séance de relaxation. » remarquera une militante de la Marne. Un rendez vous partagé très apprécié, que la plupart des visiteurs souhaiteraient voir se pérenniser, et même se multiplier.

Merci aux organisateurs de nous avoir offert un grand moment d’émotions partagées, que Marcel a su résumer en quelques talentueuses rimes :

Dans la grande cour du château On a dressé table et tréteau La compagnie me verse à boire Une musique incantatoire Un sacrement, un exutoire Devant l’angoisse à fleur de peau Qui noue les cœurs et les cerveaux

Le cadre est vert et bucolique Les arbres comptent leurs années Sous le soleil du premier mai Loin des vagues du Pacifique Chargées d’écumes irradiées Loin du sarcophage d’Ukraine Au quart de siècle momifié

Que jaillissent aux frondaisons Les chants sacrés de l’émotion Parmi les feuilles qui miroitent Telles les larmes maladroites D’une humanité qui se perd Et que les notes du concert Unissent tendresse et colère Pour nous sortir du nucléaire