Dieppe (76)

Plein succès de la commémoration de Tchernobyl à Dieppe, par un temps estival sans l’habituelle brise fraiche. Quel bonheur le matin de diffuser le papier explicatif sur la place du marché : les gens de la liste EPR-UMP battue aux municipales sont soit en train de faire leurs courses ou balade, soit aux terrasses d’un café bien coté... nous, avec nos t-shirts Stop-EPR, on est toujours là et on continue de dialoguer avec tout le monde !
14h45 : annonce au megaphone sur la même place
15h00 : devant le monument aux Morts, on retrouve les copains de l’Eure (27), une bonne quinzaine dont certains avec leurs vélos, venus aussi nombreux que les seino-marins (76) !! La gendarmerie et RG sont nombreux aussi. Images et interview avec France 3.
15h30 : départ en vélo vers Penly, avec un convoi d’une quinzaine de cyclistes, dont deux vélos équipés de "remorques" d’enfant : une contient un enfant, l’autre contient un fût jaune frappé du logo "radio-activité".
17h : arrivée à Saint-Martin en campagne, commune d’accueil de la centrale : les trottoirs ne sont pas pavés d’or, mais il s’en faut de peu. Arrivée près de l’enceinte de la centrale : bâtiment bas chaleureux comme une porte de centrale, clôture doublée de barbelés. Une route à l’intérieur longe la clôture où très vite apparait un vigile Securitas véhiculé qui suivra les derniers du convoi à allure réduite, tandis que sur la route extérieure (la nôtre) le ballet des voitures de gendarmerie bat son plein.
Arrivée à la 2ème entrée de la centrale, sur le bord de falaise qui surplombe la valleuse au fond de la quelle est nichée la centrale, un déploiement d’une quinzaine de gendarmes , répartis sur chaque grille.Nous déposons l’effigie de l’irradié inconnu, prenons les photos de groupe, quelques échanges bon enfants avec les gendarmes. J’aperçois un groupe de gens sur le balcon des bâtiments administratifs... des points noirs qui donnent l’échelle de ce bâtiment... finalement imposant et situé à distance de la clôture. Nous sommes dans un univers à part, fait de démesure et entouré de barbelés haut de gamme "extra-coupants". Un gendarme me précise que cet aréopage au balcon comprend autant de gendarmes que de responsables de la centrale... il en parle comme d’un site militaire. Ledit gendarme connait la question nucléaire, sait que le premier usage à grande échelle est Hiroshima, reconnait que la classe politique passe les lois embarrassantes au mois de Juillet et déclare sincèrement qu’être là aujourd’hui, parmi nous militants anti-nucléaires, c’est pour eux gendarmes presque du bon temps. Des collègues à lui s’amusent avec un gadget qu’ils font crier dans les talkies. Cela les change des gens qu’ils ramassent d’habitude sur les routes ou au bas des falaises.
Nous repartons dispersés, certains à pied (ceux qui sont venus jusqu’à St Martin en voiture )d’autres en vélo. C’est l’occasion de faire plus ample connaissance avec nos "cousins" hauts normands du sud de la Seine, venus de l’Eure. Le plaisir de faire connaissance devant une centrale qu’en majorité, nous voyons de près pour la première fois, est largement partagé. Nos amis de l’Eure n’ont pas les centrales "au bas de leur rue" contrairement à nous Dieppois, la vigilance ne se mesure pas à la proximité des centrales, sinon nous serions plus que 15 "locaux" à s’être mobilisés. Des Rouennais (et non des moindres !) sont là, mais pas en proportion de la taille de la capitale normande ! Des copains de l’assoc ARBRE (Neufchatel en Bray) sont venus aussi alors que leur AG est prévue en fin d ’après-midi.
Nous nous quittons à 19h00 ,après avoir tout juste retenu quelques prénoms, mais nos coordos respectifs ont les e-mails dans leurs tablettes. L’après-midi semble n’avoir duré que quelques minutes. C’est sûr, on se retrouvera très bientôt et d’autres thèmes seront au programme : des gens présents aujourd’hui, de 3 à 75 ans, il ne s’en trouve aucun dont le tempérament consisterait à se résigner devant les contaminations sous toutes leurs formes, qu’il s’agisse de la matière, des gènes, ou des droits civiques et humains en général !
Nous repartons de Penly vraiment très heureux : l’an dernier, le 26 Avril, ils étaient 2 à Dieppe à commémorer, l’effectif a donc crû d’au moins 1500% ! D’avoir ainsi communié symboliquement avec les victimes de Tchernobyl, il nous reste une impression étrange. Nous continuerons à aller de l’avant de plus belle en gardant une pensée pour eux.