Le Dauphiné libéré

Les "anti-nucléaire" réveillent le souvenir de Tchernobyl

Le 26 avril 1986, le coeur d’un réacteur de la centrale ukrainienne Lénine à une quinzaine de kilomètres de Tchernobyl, près de la frontière biélorusse, entrait en fusion. Un dramatique accident qui a entraîné la mort de milliers de personnes et des rayonnements radioactifs qui, on le sait aujourd’hui, ont dépassé les frontières. Hier, à l’occasion du 23e anniversaire de la plus terrible catastrophe nucléaire recensée à ce jour, un collectif d’adversaires de l’atome, civil et militaire, s’était donné rendez-vous sur le site nucléaire du Tricastin, le plus important d’Europe.
Avec pour objectif de faire de rappeler les dangers d’une énergie qu’ils condamnent. Après les incidents de l’été. Environ 60 à 70 militants du réseau "Sortir du nucléaire", élus ou membres des Verts, du mouvement Europe-Écologie ou autres mouvances régionalistes et paysannes, se sont rassemblés sur le site nord-vauclusien qui avait défrayé la chronique l’été dernier notamment avec la fuite de plus de 70 kilos d’uranium de l’usine Socatri. Une usine d’ailleurs très surveillée, tout comme les autres installations, par les forces de l’ordre, présentes en masse, craignant d’éventuels débordements.

"Mensonge des autorités"

Tête de liste d’Europe-Écologie pour le Sud-Est aux prochaines Européennes, Michèle Rivasi a également participé au "die-in" où les manifestants s’allongaient sur le sol, simulant leur mort. Michèle Rivasi qui, justement entra sur la scène publique à la suite de l’accident de Tchernobyl en créant la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (Criirad) destinée à effectuer des mesures indépendantes. Dans son discours, l’élue écologiste drômoise a d’ailleurs évoqué les « mensonges des autorités » pendant et après la catastrophe de Tchernobyl. L’ancienne présidente de Greenpeace a également indiqué que la pollution de la nappe du Tricastin ne datait pas des événements de l’été mais « de 20 ans ». Soulignant le problème du « démantèlement » et des « déchets », elle a prôné le développement des énergies renouvelables « l’éolien » ou le « photovoltaïque » par le biais « d’investissements en recherche et développement ».