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Le Télégramme Lorient - 27/04/08

Nucléaire. « Un autre Tchernobyl se reproduira »

« Sortir du nucléaire 56 » a mobilisé hier matin ses militants pour sensibiliser le public 22 ans après la catastrophe de Tchernobyl. Selon Alain Rivat, porte-parole de l’association, une alternative au nucléaire est possible.

Quel est l’objectif de cette mobilisation ?
Alain Rivat : Depuis des années, le réseau « sortir du nucléaire », qui fédère 820 associations, organisait une semaine nationale en mémoire des victimes de Tchernobyl. Cette année, la mobilisation a pris une dimension internationale. 22 ans après la plus grande catastrophe industrielle de l’histoire nous avons un devoir de mémoire. Plus de 10 millions de personnes ont été touchés à travers le monde par la radioactivité. Les trois quarts des liquidateurs qui sont intervenus sur le site sont morts. Et en France, plusieurs centaines de personnes ont développé des cancers de la thyroïde.

22 ans après ce drame, existe-t-il encore des risques ?
Statistiquement, cette catastrophe va se reproduire si on ne sort pas du nucléaire. Le risque augmente avec le vieillissement des centrales. Fessenheim, la plus ancienne centrale en exploitation en France, avait une durée de vie de trente ans. Or EDF a décidé de prolonger son activité de dix voire vingt ans. Par ailleurs, le non-remplacement des départs à la retraite des personnels travaillant sur les réacteurs et le recours de plus en plus fréquent aux intérimaires sont aussi des facteurs de risque.

Pourtant la France a décidé de parier sur le développement du nucléaire. Cette énergie ne représente que 3 à 4 % de la production énergétique mondiale. La France est le pays au monde qui consacre la part la plus importante avec 15 % de la production totale, dont 80 % de l’électricité. Malgré cela, il y a dans notre pays 25 projets de centrales thermiques, essentiellement au gaz, pour faire face aux pics de consommation que ne peut pas satisfaire le nucléaire !

Est-ce vraiment possible de sortir du nucléaire ?
On peut envisager un plan de sortie de cinq à dix ans à partir d’une politique nationale vraiment volontariste. Il faudrait encourager la sobriété énergétique et développer les énergies renouvelables qui fournissent déjà au niveau mondial deux fois plus d’énergie que le nucléaire. Mais ce n’est hélas pas une priorité nationale puisqu’on préfère financer la construction d’un prototype de réacteur nucléaire EPR à Flamanville dans la Manche. Or, avec la même somme, c’est-à-dire 3 milliards d’euros, on aurait pu produire deux fois plus d’électricité avec le développement durable et créer 10.000 emplois contre 2.000 pour le projet EPR.

Avez-vous prévu d’autres actions pour sensibiliser l’opinion ?
Nous organiserons une manifestation internationale le 12 juillet prochain à Paris juste avant le sommet des chefs d’états européens. Nous entendons dénoncer la politique française sur le nucléaire et la position du président de la république qui s’est transformé en VRP de luxe pour vendre des centrales nucléaires à travers le monde.